Un harraz, un magicien du Hijaz, est venu jusqu’au Maroc, pour relever un défi.

Il a lu « le Livre des Abîmes » de Romanel le ténébreux, toi qui a l’intelligence vive, il a réduit en captivité un grand nombre de sorciers. Il a étudié l’astrologie qu’il maîtrise à fond et il est fort courageux. Il est expert en ruses féminines, il ne peut se passer de boisson, et il est passionné par la compagnie des jolies filles. Il a passé sa vie à les chercher. Il a fait le tour des villes et des villages en quête d’une gazelle. Il a remué les cités et les campagnes.

Quand il arriva à Azemmour, il y rencontra une jeune fille gracieuse, un beau brin de fille, pleine de délicatesse. Qui joue du luth avec virtuosité, et chante, avec lui, avec l’accent hedjazien, ainsi que des morceaux de la Syrie. En cela, elle l’emporte sur toutes les belles. De même que les chants « aïta » du Maroc et la poésie melhoun.

Une fille de dix-huit ans, dans toute l’insolence de sa fraîche beauté, qui a été élevée chez moi, qui ne peut pas se passer de moi, qui ne m’a jamais quitté d’un pas, jusqu’au jour où arriva, chez nous, le harraz rusé aux mille visages. Des envieux la lui ont vendue, qui m’enviaient le « croissant des fêtes ». Il a renforcé la garde, autour d’elle, dans le palais, il a installé sa demeure entre la mer et le fleuve, il a pris possession d’elle et la belle jeune femme l’a conquise, elle lui a imposé le joug de sa beauté, et règne sur son cœur, et il a fait garder le passage par des sentinelles.

Refrain : Qui veut écouter ce qui s’est passé entre l’amoureux, Aouicha et le harraz ? Un harraz, un sorcier originaire du Hedjaz ! (…)

Traduction extraite du livre « Chansons de la Casbah, d’Ahmed Amine Dellai, ENAG Editions.

Crédits photo: Laetitia Heurteau

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