Cette chanson a été créée par le cheikh El-Mekki Ben El-Qorchi, poète-conteur aveugle marocain qui se déplaçait d’une place publique à l’autre, avec son petit singe sur l’épaule. Originaire de la ville côtière atlantique d’Azemmour, il finit sa vie après avoir longtemps habité à Marrakech, dans la ville de Larache, au début du siècle passé.
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Ses œuvres, des poèmes narratifs ou contes en vers, pour la plupart, sont nombreuses et très populaires. Mais aucune n’a atteint, du moins en Algérie, le degré de popularité de ce « harraz » qui décrit avec truculence les tentatives que fait l’amoureux, sous des déguisements successifs pour tromper la vigilance du gardien jaloux – c’est le sens du mot « harrâz »- un sorcier venu du Hijaz, et pénétrer dans le palais de sa bien-aimée où cette dernière, la jeune et belle Aouicha, est retenue contre son gré par des sortilèges.

Le succès des chants de type « harraz » (on en recense 42 textes de différents poètes !) tient surtout à sa parenté avec l’écriture théâtrale (ces textes étant de véritables petites comédies de style maghrébin).

Ainsi, ces textes n’ont pas manqué d’inspirer certains hommes de théâtre comme Abdessalam Charaïbi, qui a écrit, à partir des extraits de différents qacidas, une opérette en cinq actes dans le style des comédies à quiproquo de Molière.

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The Chaabi Tradition (2). The story of the song ‘El Harraz – Le Gardien Jaloux’ (The Jealous Guardian)

This song was created by the Sheikh El Mekki Ben El Qorchi, a blind poet and storyteller who moved from one place to another, with his little monkey on his shoulder. Originally from the coastal town of Azemmour, he died in Marrakech having lived there for a long time in the town of Larache at the start of the last century.

His works, narrative poems and tales told in verse, were for the most part very popular and there were very many of them. But none of them reached, at least in Algeria, the level of popularity that ‘Harraz’ did. ‘Harraz describes with great vividness the attempts to meet his lover under many different disguises, to try to deceive the jealous guardian – it is the meaning of the word ‘Harraz’- a sorcerer who came from Hijaz, and penetrated the palace where his beloved, the young and beautiful Aouicha is held against her will by a spell.

The success of this type of song ‘Harraz’ (we can list 42 of its kind from different poets) is primarily due to its relationship with playwriting (these texts are small Maghreb style comedies).

Thus, these texts have not failed to inspire some men of the theatre, like Abdessalam Charaibi, who wrote extracts from different qacidas, an opera in 5 acts in the style of Moliere’s misunderstood comedies.

Et pour réécoutez le morceau en question, c’est ici ! – And to listen the song (again), here it is !

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