J’ai découvert un métier que j’adore aujourd’hui et que je souhaite poursuivre.

Un souvenir de concert en particulier ?…

Ils étaient tous particuliers ces concerts. (Rires) Marseille, surtout. C’était le premier. Ils n’avaient pas joué encore ensemble. On était tous dans le stress. Mais c’était super parce que le concert devait faire 1h30 et il a duré 3h30 ! Il y avait tous les gens derrière moi qui me disaient : « mais il faut qu’ils libèrent la salle ! ». Et le public est resté jusqu’au bout ; il y avait même des gens qui pleuraient. L’ambiance était vraiment sympa. Marseille était un des concerts qui m’a le plus marquée.

Il y avait aussi au concert de Bercy, le musicien qui joue du tambourin et qui prenait le public en photo. Je trouvais ça trop mignon : il faisait ça pour ramener avec lui les photos au bled et qu’il montre à sa famille et ses amis pour qui il avait joué.

Comment avez-vous choisi vos lieux à Alger pour le tournage ?

En fin de compte, j’ai écouté les musiciens me parler d’Alger pendant très longtemps. Ils me parlaient d’endroits mythiques, donc j’ai essayé de les retrouver. Pour certains, on a essayé de recréer l’ambiance de l’époque avec les musiciens, et pour ceux qui étaient fermés, on a juste tourné en dehors pour les montrer.

Les entretiens avec les musiciens ont-ils été écrits ?

Non. Mais je savais comment orienter mon entretien. Il faut dire que je les connaissais très bien; cela faisait plusieurs années que j’étais en relation avec eux. J’avais réussi à gagner leur confiance. Mais par exemple lors du tournage chez Luc Cherki, j’avais une pneumonie sévère, lors des derniers jours de tournage. J’arrive chez Luc et je lui dit : « surtout, tu me parles, tu me parles !… » J’étais allongée sur le haut de la péniche pour ne pas tousser.

Comment définiriez-vous l’état d’esprit d’El Gusto et celui du documentaire ?

C’est très similaire, bien sûr. Quand on voit le film, certes on rigole, on s’amuse mais on pleure aussi. Et la naissance de ce projet était tout aussi douloureuse que joyeuse à la fois (rires) Pour les musiciens, ça représentait le rêve de rejouer ensemble, de s’exercer et reconquérir la scène. Pour moi, c’était d’aller jusqu’au bout de cette aventure. Découvrir un métier que j’adore faire aujourd’hui et que je souhaite poursuivre. Apporter aux musiciens autant que ce que j’ai reçu d’eux.

Vous souhaitez donc poursuivre dans la production et dans la réalisation ?

Tout à fait. L’orchestre tourne et a sa vie propre à présent. Je continue à rester en contact avec les musiciens. Mais de mon côté, je prépare mon prochain film qui sera une fiction, cette fois-ci. Il est en cours d’écriture donc je n’en dis pas plus (Rires).

Entretien réalisé à Paris, le 30 novembre.

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