Né au milieu des années 1920, le chaâbi est une musique issue de plusieurs influences. Berbère, andalouse et chants religieux : « on a fait un cocktail et ça a donné la musique chaâbi. » L’inventeur de cette boisson musicale au goût nouveau, de « ce son magique qui résonne » encore dans le cœur et les oreilles de ses anciens élèves s’appelle Cheikh- Le Maître- El Anka (Hadj M’ahmed El Anka, 1907-1978).

Sa recette est faite d’emprunts et de mélanges, de métissages et d’adaptations, de transformations mais aussi d’innovations musicales.

« Une note de fraîcheur pétillante »

Avec ces ingrédients, El Anka donne naissance à un style musical original et personnel qui remporte immédiatement un formidable succès : « Le public a marché. Il a trouvé ça merveilleux. (…) Dans toutes les rues on entendait cette musique. (…) Tout le monde chantait ça. »

Cette musique nouvelle à l’audience populaire – « chaâb » signifie le peuple – touche tous les habitants de la Casbah d’Alger, berceau du chaâbi et ville natale d’El Anka dont la famille est originaire de Kabylie. Musulmans, Juifs, Italiens, Espagnols : tous vivent au rythme du chaâbi.

« A l’époque, c’était l’harmonie de vie entre toutes les communautés. Tout le monde se fréquentait. » Ce « Blues de la Casbah » est un joyeux mélange. El Anka apporte à la musique « une note de fraîcheur pétillante », mettant « la mélodie au service du verbe ».

En plus de cinquante ans de carrière, le maître du chaâbi a interprété près de 360 chansons et enregistré plus d’une centaine de disques.

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